Ma vie de maman

On adopte !

Bon, d’accord, le titre est trompeur, puisqu’en réalité on n’adopte pas tout de suite, mais… on a reçu l’agrément d’adoption le mois dernier, et on s’en réjouit !

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A très vite,

Héloïse

Ma vie de maman

Une semaine seule avec les enfants

Petit journal de bord

 

Mercredi 7 Mars

Mat est parti. Il est 7h du matin et il est parti, et me voilà donc seule avec nos 4 charmants bambins. Enfin, seule, pas tout-à-fait, puisque je suis encore chez mes beaux-parents chez qui je suis descendue pour lâchement abandonner mes deux grands, euh, pardon, pour que William et Ezra vivent quelques jours formidables avec leurs grand-parents et leur grande tata.

Je pars en début d’après-midi après leur avoir fait 1000 bisous, direction Marseille avec mes deux petits pour rendre visite à ma meilleure copine de CE2 qui vient d’avoir un bébé. « Marseille ??? » s’étonne mon beau-père qui sait à quel point je n’aime pas conduire. Oui, pourquoi ? Ce n’est qu’une fois dans Marseille que je comprends. Disons qu’une grosse voiture dirigée par une conductrice paumée dans une ville labyrinthe, c’est du comique. Je pensais mettre 30 minutes, je mets une heure. Mais j’arrive ! Toute contente, je détache Noé : flûte, il est en chaussettes. Purée, j’ai oublié ses chaussures chez mes beaux-parents.

« C’est pas grave Noé, c’est rigolo de marcher en chaussettes sur la route, hein ? Oui t’as vu c’est un peu mouillé, hahaha que c’est drôle, quelle expérience fascinante, allez avance. »

Rencontre avec la jolie Emy et sa toute aussi jolie maman, papotage, jus de pomme, et retour dans la voiture. Je pars juste à temps pour être de retour à Montélimar pour mon cours de danse. J’ai demandé à ma baby-sitter de venir garder les petits ce soir. C’est que je ne suis pas qu’une maman, non mais oh, je suis une femme aussi, c’est important que je prenne soin de moi.

« Tu feras gaffe aux bouchons en partant de Marseille » m’avait dit mon beau-père. Il sait tout celui-là ou quoi ? Bloquée dans les bouchons. C’est pas grave, zen, ça avance quand-même ; doucement, mais ça avance. Oups, j’ai raté la sortie. Pour rattraper mon retard, je roule à 130, enfin presque, faut pas exagérer, j’ai peur en voiture et j’ai mes enfants à l’arrière. Je flippe pendant 2h mais JE REUSSIS, j’arrive pile un quart d’heure avant l’heure fixée avec la baby-sitter. Un dernier coup d’œil à mon téléphone : tiens, elle m’a écrit ? « Vraiment désolée de devoir annuler, bla bla bla… » Elle m’a écrit il y a plusieurs heures, mais je ne vois son message que maintenant. Allez les kids, on rentre. J’avais prévu quoi à manger ? Des pâtes ? Allez on fait des pâtes.

 

 

Jeudi 8 Mars

Un ami infirmier doit passer me faire une prise de sang à 9h30, je dois être à jeun. Hier je croyais que j’allais mourir de faim, mais quand il arrive, j’ai à peine eu le temps de faire manger les petits et de les habiller. Zut alors, ils font comment les autres ? Bon, au moins je n’ai pas vu le temps passer, si ça se passe comme ça toute la semaine, ça sera cool.

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Il regarde mon ordonnance, fait une blague à propos du fait qu’il s’était demandé si c’était pour tester le taux de béta HCG, je rigole nerveusement, non (NON.). C’est juste pour vérifier mon taux de ferritine parce que je suis très fatiguée et que je ne sais pas si c’est parce que je suis anémiée ou parce que j’ai des enfants.

Il repart, il est 10h. Noé me regarde. Eden me regarde. Mince, ils attendent que je dise quelque chose ?

« Coucou les enfants ! »

Me voilà devenu clown, ok. Silence nerveux. On fait quoi maintenant ?

S’ensuivent les deux heures les plus longues de ma vie à jouer à caché-coucou et au memory avec un enfant qui ne suit pas les règles et un autre qui mange les jetons.

Puis, on mange. C’est bien silencieux, ça fait bizarre. C’est quand la sieste que je puisse utiliser mon téléphone sans culpabiliser ?

Ouf, ils dorment. Et moi aussi.

L’après-midi je vais voir une copine qui habite dans le quartier et qui a deux enfants du même âge que les miens – ça tombe bien, dis-donc. Les enfants s’amusent, je papote avec ma copine, on rentre pile à l’heure du dîner, les petits s’endorment facilement et j’ai une petite soirée à moi toute seule pour finir l’apéro en cachette et continuer ma série du moment – wahou, je gère !

 

 

Vendredi 9 Mars

Les enfants se sont relayés cette nuit pour m’empêcher de dormir plus de deux heures d’affilée, mais je me rappelle la journée d’hier, je gère, ça va aller. D’ailleurs je suis super efficace : j’ai mis la musique pour combler le silence qui devenait pesant, les enfants sont douchés, habillés, ont mangé un petit déjeuner équilibré, la maison est propre et rangée, et j’ai même pris ma douche. Elle est où ma médaille ???

Je vais voir une autre copine qui habite dans le même quartier (et qui a des enfants d’âges similaires aux miens, oui, encore). Elle ne s’étonne même pas que Noé vienne en bottes de pluie alors qu’il fait si beau. J’explique tout de même un peu gênée que j’ai oublié ses chaussures à Aix, je sais bien qu’elle s’en fiche, mais il faut que je déculpabilise (après tout, il a des bottes et c’est mieux que pieds-nus !) Je repars à l’heure du déjeuner parce que j’ai bien compris le truc : on mange et on fait la sieste, comme ça on saute les 30 parties de mémory ni vu ni connu et tout le monde est content.

Sauf qu’Eden ne veut pas dormir. Elle signe « tétée », tétouille, rigole, va se promener, revient, signe à nouveau, puis change d’avis, monte sur la chaise, puis sur la table… Je la descends ; elle croit que c’est un jeu : elle y retourne. Au bout de quatre fois j’enlève les chaises d’autour de la table. Ah il est beau mon salon comme ça, avec la table au milieu et les chaises éparpillées à deux mètres autour. Je m’installe sur le canapé. J’ose fermer les yeux quelques secondes. J’entends « jjjjjjjjjjjjj », je me redresse : Eden a poussé une chaise jusqu’au mur et appuie en rigolant sur le bouton qui fait descendre le volet électrique. Je vais faire pipi. Quand je reviens, Eden a vidé le contenu d’un placard de la cuisine.

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Allez, je la berce un peu, je l’allaite encore : elle finit par s’endormir, youpi ! Tiens, Noé se réveille…

Le soir, j’attends deux copines. J’ai réussi à coucher les enfants avant leur arrivée, c’est cool. Je n’ai pas eu le temps de manger mais on s’est dit qu’on ne ferait pas longtemps parce qu’on est toutes fatiguées ; je grignoterai après si besoin. Elles arrivent avec une heure de retard, mais impossible de leur en vouloir : elles sont mamans elles aussi et elles ont fait l’effort de venir jusqu’à chez moi. Et l’une d’entre elle doit accoucher d’un jour à l’autre ! Elles repartent assez tard, tant pis pour mon dîner, je vais me coucher.

 

Samedi 10 Mars 

Nuit pourrie.

Ma copine enceinte a accouché ! Danse de la joie. Noé me réclame une histoire. Eden me réclame une tétée. Je suis fatiguée. Je propose un dessin animé. Il veut pas, l’ignare. Encore une partie de mémory ? Bon…

Pendant ce temps-là, ma belle-mère m’envoie des photos des deux grands qui ont l’air de vivre un véritable voyage organisé : parc, bibliothèque, travaux dans le jardin, mer, restaurant, emplettes en ville…

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Je regarde chaque photo en m’extasiant devant la beauté de mes fils à qui je n’ai pas l’air de manquer du tout !

Mat aussi m’envoie des photos : il est en Caroline du Sud avec son frère, se repose dans des maisons et des hôtels de luxe, fait des nuits complètes tous les jours et a même le choix de faire la grasse mat’ si l’envie lui prend.

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Tsss… J’hésite entre lui répondre « Merveilleux ! Profite bien mon amour ! » et « T’as intérêt à revenir en forme pour masser mon pauvre dos et t’occuper des enfants pendant que je dors ». J’opte pour la première option, le pauvre, je briserai ses rêves à son retour.

Pour combler l’après-midi, et histoire de convaincre la terre entière que je suis une bonne maman, j’ai prévu d’emmener les enfants à une aire de jeux couverte après la sieste. Sieste qu’ils ne font pas. J’écris à ma copine à qui j’ai proposé de m’accompagner pour lui dire de me rejoindre là bas parce que je serai en avance. J’en peux plus de faire semblant de ne pas savoir où sont les paires de ce fichu mémory.

Il y a une aire réservée aux moins de quatre ans, ce sera parfait pour nos petits, et comme ils se seront bien dépensés, ils dormiront mieux cette nuit : le plan parfait ! Sauf qu’on est samedi après-midi et que les enfants qui jouent dans la piscine à balle ont largement plus de quatre ans (mais où sont leurs parents ??) et n’en ont rien à faire d’empiéter sur l’espace des pauvres bébés qui n’osent plus s’aventurer dans la structure en mousse. Ma copine arrive avec son fils (qui a l’âge d’Eden. Décidément, c’est une épidémie.) Elle est enceinte, ça se voit, parce qu’elle pleure en me racontant le truc le plus banal du monde. Je ne sais pas comment réagir alors je ne dis rien, #copinenulle. Mais elle est vachement plus affirmée que moi et c’est finalement elle qui osera dire un mot aux grands qui embêtent tout le monde. On essaie de se parler avec ma copine mais Eden s’enfuit, puis son fils, puis Eden, puis son fils, puis Eden… Surtout Eden. Elle veut faire du trampoline, mais comme elle ne sait pas sauter, elle marche dessus à quatre pattes en attendant qu’un grand saute à côté, puis elle me force à regarder douloureusement sa pauvre tête se balancer de droite à gauche et de haut en bas (ses cervicales !), pendant qu’elle éclate de rire et qu’elle en redemande.

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Pas fâchée de repartir, même si ça m’a fait plaisir de voir que les enfants se sont bien amusés.

On passe par Carrefour pour la raison la plus nulle qui soit : j’ai pensé à faire toutes les courses alimentaires de la semaine avant que Mat s’en aille, mais j’ai oublié d’acheter du PQ. J’en profite pour prendre des mini-beignets incognito. A la framboise, mes préférés.

C’est l’heure de dormir, youpi ! Problème : Noé résiste. Quoi, mais comment ça ? Après la journée qu’il a passée ? Après tous mes efforts pour qu’il se dépense ? Après avoir résisté tant bien que mal à la tentation de vérifier mon téléphone plutôt que les jetons de mémory ? C’est comme ça qu’il me remercie ? Tant pis, j’ai faim, je suis fatiguée, ça fait une heure que je suis installée amoureusement à côté de lui à répondre à ses moindres besoins, maintenant, je descends. Il me suit. Il voit les beignets. Il me regarde avec ses grands yeux. Je ne craquerai pas.

Je craque.

Il revient deux minutes après pour me dire « C’est bon ça » en me montrant la boîte de beignets. Je le regarde. Il me regarde. Ses yeux ! « Bon, un DERNIER ! » je dis, pour faire semblant de garder le contrôle de la situation, mais je vois à son sourire qu’il sait déjà qu’il a gagné.

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Dimanche 11 Mars

Nuit ultra-pourrie. A 1h du matin je compte déjà 5 réveils. Je les installe dans mon lit histoire de ne pas faire des aller-retours entre ma chambre et la leur. Grave erreur : ils prennent toute la place, je dors très mal, et ils semblent s’être donnés le mot pour se réveiller à intervalles régulières. Je me réveille épuisée. Tant pis, je leur mets un dessin animé.

A ma grande surprise, Noé s’arrête au moins trois minutes pour le regarder. J’en profite pour écrire à Mat et lui raconter mes nuits pourries. « Et en plus j’ai eu les résultats de la prise de sang, ils ont confirmé que je manquais de fer, tu vois, je t’avais dit que j’étais fatiguée ! » Il s’en fiche, mais il répond gentiment. Raaa, toujours obligé d’être gentil, celui-là !

Je suis fatiguééééééée…

J’ai mes règles. Nul.

Ah non cool, je vais pouvoir tester la cup !

Memory.

Petit coup de balai.

Memory.

Et ce linge qui n’en finit pas…

Memory.

« Tu veux pas plutôt faire un puzzle ? »

Memory.

Repas.

Dodo.

Au moins, on passe deux petites heures à l’église en fin d’après-midi. Je retrouve une autre copine qui a des enfants du même âge que les miens (oui oui… je sais), mais qui est venue seulement avec son plus petit, parce que les autres sont malades. On n’a pas besoin de beaucoup se dire, on se comprend.

Le soir, les grands reviennent !!! C’est la joie, on est tous heureux de se retrouver, ça fait plaisir. Par contre, mes oreilles souffrent. Je m’étais habituée au silence, finalement. Je ne sais pas si j’aurais dû.

C’est trop bien la cup.

 

Lundi 12 Mars

La nuit ne se passe pas trop mal, mais le réveil est bien matinal : 5h50. Puisqu’il n’y a pas le choix… J’avale jus de citron maison sur jus de citron maison.

William est chou et m’asperge de petites remarques adorables, du genre :

« T’inquiète pas maman, t’es pas toute seule, on est là, on va t’aider ! »

Ses bonnes intentions durent le temps du petit déjeuner.

Noé et Ezra se frittent toute la matinée. Noé qui a été adorable ces derniers jours (on lui pardonne même son amour écrasant pour le memory) se met à chouiner, râler, hurler, pleurer, crier, et tous leurs synonymes. William hausse la voix pour se faire entendre. Les 4 me réclament en même temps. J’entends seulement un brouhahaha mais j’essaie de leur expliquer que je ne peux pas les écouter tous à la fois. Ezra me coupe la parole.

Aïe, je sens que je commence à perdre patience… Je m’enferme derrière la porte des toilettes, je prends une grande respiration, je fais une petite prière rapide (il me faut de la force, du repos, de la sagesse, et une bonne dose de contrôle de moi-même), puis je suis interrompue par Noé qui hurle que je-ne-sais-qui lui a pris je-ne-sais-quoi. J’ai envie de crier, mais je chuchote à la place. C’est mon petit truc, pour ne pas craquer. Je crois que les enfants savent que ça veut dire que je suis à bout, parce qu’ils se calment… un peu.

La sieste : un MIRACLE ! Eden s’endort SEULE, DE SON PLEIN GRE, ce n’est jamais arrivé ! Noé et Ezra s’endorment rapidement. Ne reste que William qui se plaint qu’il a encore très faim après avoir repris trois fois des pâtes. Je lui marmonne de se servir quelque chose à manger pendant que je fais la sieste. On dirait que je lui ai annoncé qu’on va partir deux semaines aux Maldives.

Quand j’émerge de ma sieste, il a mangé cinq bols de céréales. Il a cinq ans, purée, pas quinze !

Le reste de l’après-midi est un fiasco TOTAL. Ça crie, ça pleure, ça n’écoute rien, ni moi, ni les autres. J’essaie de les sortir mais ils piquent une crise. On rentre. Une copine passe à la maison et voit l’état des enfants. J’ai honte ; je tente une blague : « heureusement que ce n’est pas tous les jours comme ça… » J’avais l’impression de gérer les premiers jours, je rigole moins ce soir.

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J’ai envie de pleurer. Il revient quand, Mat, déjà ?

 

Mardi 13 Mars

6h et quelques, je croise William dans le couloir. « J’ai faim ! » Bonjour mon chéri… Va manger si tu veux, moi je me recouche. Il est heureux, mon chéri, parce qu’il sait que les grand-parents ont rapporté les restes de leur séjour et qu’ils auront donc des céréales pour le petit déjeuner. J’entends Ezra qui descend, puis Noé. Eden, réveillée depuis longtemps, n’a pas perdu une miette de ce qui se trame et essaie de me faire comprendre qu’elle veut descendre. J’essaie de lui faire comprendre que je veux dormir. Mère indigne.

Je finis par me lever, en passant d’abord par la salle de bain. Eden descend les escaliers. J’entends William qui l’accueille : « Bonjour ma petite Eden ! Tu as bien dormi ? » Il est chou, ce William. Je l’imagine en train de lui proposer un petit truc à manger… C’est lui qui interrompt mes pensées en toquant à la porte : « Bonjour maman, comment ça se passe pour toi ? »

Amusée, je réponds : « Ça se passe bien merci, et pour vous ? »

« Oui merci maman, je viens juste te dire que je pense que tu auras un petit peu de rangement à faire… »

En effet : en bas, Eden est assise sur la table, les fesses qui reposent dans une flaque de lait. Le linge (propre) a été délicatement mélangé avec ce qui se trouve sur la table. Le contenu de la boite de Rice Krispies est étalé dans tout le salon. Noé est en train de se servir directement par terre. Je souris.

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« Tu es fâchée, maman ? »

Non, bien-sûr que non. C’était bien joué, c’est vite ramassé, en demi-heure tout est remballé et la table et les enfants sont propres et habillés. Il ne reste plus que moi, les cernes pendouillantes et le ventre qui dépasse du pyjama – j’ai dû trop manger de mini-beignets à la framboise ces derniers temps.

William galère à finir son rubik’s cube. Je l’aide. Puis je lui dis : « Tu vois, il y a toujours une solution ». Il réfléchit intensément, semble se souvenir de quelque chose, puis rétorque : « Tu te souviens un jour, quand t’as dit « oh-oh, on a un problème ? » »

Euh… Oui ?

« Eh ben si y a toujours une solution, ça veut dire qu’il n’y a jamais de problèmes, non ? »

Merci William. Les parties de mémory me semble à 1000 kilomètres… Mais elles sont bien là : je vois Noé qui se ramène avec la boîte. J’esquive :

« Les enfants, ça vous dit un dessin animé ? »

Oui, j’assume : j’ai tenu bon hier quand ils étaient d’humeur exécrable, ça fait sept jours que je gère seule, je suis crevée, et je connais mes limites. Enfants contents (surtout les grands, car les petits ne s’y intéressent pas… mais restent calme. Ouf !)

Je fais un repas que tout le monde aime. Pas de cri. Tout le monde mange. William ne termine pas son assiette. Il se permet une remarque : « Parfois j’ai très faim, parfois j’ai moins faim ». Quelle sagesse.

L’après-midi, j’ai prévu une sortie vélo avec un couple voisins et leurs enfants (qui ont presque le même âge que les miens, mais vous l’aurez deviné). Je ramène mon matériel, c’est-à-dire trois casques (dont un trop petit), une draisienne, et un vélo qui ne roule plus. Heureusement, Nicolas et Lysdoria, le fameux couple, ont rapporté de quoi satisfaire tout le monde (ils feraient de la contrebande dans le domaine du vélo que ça n’étonnerait personne). Youpi, on va se promener, ça va être chouette !

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C’était vachement plus chouette dans ma tête, parce que pendant la moitié de la promenade, les enfants râlent, pleurent, se plaignent qu’ils s’ennuient, que ça ne roule pas, que je vais trop vite, que le vélo est trop petit, … Sauf William qui fait contre mauvaise fortune bon cœur et qui profite émerveillé du paysage. La deuxième partie se passe mieux, en grande partie grâce à Nicolas qui ne semble même pas dérangé par tout ce remue-ménage et finit par trouver une solution qui convient à chaque enfant. Les pauvres ne voudront plus jamais partir en promenade avec nous.

Eden a du feutre sur la joue. C’est son activité préférée du moment : repeindre son corps et les murs.

On rentre, on mange, on va dormir. Je prends un petit temps avec William pour lui dire à quel point il a été formidable aujourd’hui, et à quel point il est formidable tous les jours. Je vois que ça lui fait plaisir. On fait un gros câlin.

Puis je vais voir chacun des autres enfants. Je dis à Ezra qu’il a été courageux de continuer sur son vélo quand il n’en pouvait plus. La vérité c’est que ça a soûlé tout le monde parce qu’il a pleuré si fort qu’on a été obligés de s’arrêter, mais je sais que lui l’a vécu différemment. Il me serre dans ses bras.

Je dis à Noé qu’il m’a impressionné sur sa draisienne à tenir une bonne partie de la promenade. Il lève la tête, il est fier. Il lâche un « héhé ». Si tu savais, mon fils. Ces chemins que tu traverses, un jour se transformeront en montagnes. Ta persévérance t’aidera à les franchir.

Je dis à Eden que je l’aime. J’en rajoute en posant un bisou sur sa petite joue rebondie. Elle dort déjà.

Mat revient demain soir, je suis heureuse.

 

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