Grossesse, accouchement, nouveaux-nés

Après l’accouchement – ce qu’on ne nous dit pas (toujours)

C’est un sujet qui me tient beaucoup à cœur : l’après-accouchement ! Je trouve qu’on en parle beaucoup trop peu et que c’en est presque devenu (à tort) un sujet tabou… J’aimerais bien lever le voile sur la réalité des premières semaines après l’accouchement. Oui, tout le monde sait qu’avoir un bébé c’est merveilleux, qu’une jeune mère est dans la joie, bla bla bli, bla bla bla… Mais qu’est-ce qui se passe vraiment dans le corps et la tête des jeunes mamans ?

427252_467224133302794_1404758128_n
Je ponctuerai cet article de photos de moi et mes bébés pendant ces premières semaines, sans forcément de lien avec les paragraphes, mais pour aérer tous ces blocs de texte. Ici, la première photo de William et moi !

Je vous ai posé la question sur Instagram et Facebook et j’ai regroupé vos réponses ici. Futures mamans, ne prenez pas peur, cet article n’a absolument pas pour but de vous rebuter ! Simplement de prévenir de ce qui PEUT arriver pendant cette période hors-du-temps. Vous n’expérimenterez sans doute pas tout ça, mais je crois sincèrement que mieux on est préparées à ces éventualités, mieux on les accueille et on les traverse.

Alors, qu’est-ce qui peut être difficile à vivre (surtout si on ne s’y attend pas) après l’accouchement ? Sans ordre particulier, voici ce que vous aviez à dire :

 

PHYSIQUEMENT

  • La mise en place de l’allaitement (ou les montées de lait, même pour les femmes qui n’allaitent pas).

    • L’allaitement est naturel, mais ça ne veut pas dire qu’il se met en place facilement pour tout le monde… C’est normal pour un nouveau-né de téter très (très) souvent, c’est normal d’avoir des doutes, d’avoir des périodes où on a l’impression de ne plus avoir de lait, d’autres ou on pourrait nourrir la Terre entière… Malheureusement tous les professionnels de santé ne sont pas très au point sur les difficultés qu’on peut rencontrer, alors n’hésitez pas à vous tourner vers un consultant en lactation et à vous renseigner un maximum sur le sujet pour ne pas être prise au dépourvu (par exemple sur le site de la Leche League ou la chaîne Youtube de Apasdemoa).
45405039_475470126275723_4479381930285989888_n
En train d’allaiter Ezra

 

 

  • La fatigue extrême

    • Il y a les réveils nocturnes bien-sûr, souvent nombreux, qui deviennent de plus en plus difficiles quand ils s’accumulent… Certains bébés dorment très bien la nuit, d’autres pas, c’est un peu au petit bonheur la chance ! Mais il y a aussi parfois l’angoisse de la jeune maman qui l’empêche de dormir même quand son bébé, lui, dort à poings fermés… Est-ce qu’il va bien ? Est-ce qu’il respire ? Est-ce que je suis une bonne mère ? On a tous BESOIN de sommeil pour fonctionner correctement, alors un manque chronique peut avoir un réel effet dévastateur. Pour y remédier, il n’y a pas 36 solutions : il faut dormir ! Et si ça implique de demander de l’aide à quelqu’un en journée pour pouvoir faire la sieste, c’est important d’oser le faire.

 

  • Les douleurs liées à l’accouchement

    • Elles sont plus prononcées en cas de césarienne, épisiotomie, forceps, … Parce qu’évidemment, plus un accouchement est physiologique et moins il y a d’interventions et de complications, plus le rétablissement sera rapide. Mais même pour les naissances faciles, un accouchement, ça reste une véritable épreuve physique pour le corps ! Il n’est pas anormal d’avoir des courbatures, des petites baisses de tension, des hémorroïdes, et d’autres douleurs physiques liées au passage de bébé… On a souvent plus de difficultés à se lever (surtout en cas de césarienne, mais pas que), s’asseoir, marcher, se déplacer… Tous ces gestes simples peuvent paraître une épreuve ! Le meilleur moyen d’aider son corps à guérir, c’est de ne surtout pas chercher à en faire trop. Après un marathon, on prend soin de soi : on se repose, on n’hésite pas à demander de l’aide, on nourrit son corps sainement… Toutes ces petites choses peuvent aider 🙂
16387176_1514672458557951_4762782442801342163_n
Après une grasse mat’ avec Eden

 

  • Les saignements (lochies)

    • Attention, après l’accouchement, c’est le raz-de-marée ! L’intensité et la durée des saignements varient selon les femmes (et le type d’accouchement), mais on parle d’une quantité bien plus importante que celle des règles. Pensez à vous équiper en protections hygiéniques, et n’ayez pas peur de prendre des « super méga ++++++++ ultra absorbantes » qui ressemblent à des couches – c’est pas glamour, on sait, mais c’est tellement plus confortable que de se retrouver avec des fuites toutes les heures parce qu’on n’avait pas prévu de saigner autant. Il est normal de passer des caillots aussi, et on peut être surprise de leur taille ! Les saignements s’estompent après les premiers jours mais peuvent durer jusqu’à plusieurs semaines (il paraît que c’est six en moyenne !), et ils reprennent facilement quand on en fait trop, alors… une fois encore, il est important d’écouter son corps et de se reposer 🙂

 

  • Les effets secondaires des anesthésies

    • La péridurale c’est souvent magique quand on est en plein travail et que la douleur des contractions devient ingérable… Mais il existe des effets secondaires sur lesquels on n’insiste pas beaucoup. Pourtant, ils sont bien présents, et si toutes les femmes n’en font pas l’expérience, d’autres souffrent  pendant longtemps de ces « petits » maux ! Migraine, mal de dos, engourdissement des jambes, hémorragie, réaction allergique, et même choc anaphylactique… Oui, la plupart sont rares, et ça ne veut pas dire qu’il ne faut absolument pas faire le choix de la péridurale, mais c’est bien de faire son choix en toute connaissance de cause. Il existe d’autres types d’anesthésie qui ont aussi leurs propres effets secondaires, notamment la rachianesthésie souvent donnée pour une césarienne qui a tendance à rendre les mamans nauséeuses. Ce n’est pas très drôle de ne pas pouvoir prendre son tout nouveau-né dans les bras parce qu’on est trop occupée à vomir… Bien-sûr ce n’est pas quelque chose qu’on peut choisir d’éviter puisque chacune réagit différemment aux différentes drogues utilisées. Mais si ça arrive, pas d’inquiétude : acceptez les prises en charge qu’on vous offre et soyez réconfortée dans l’idée que vous n’êtes pas seule et que, dans la majorité des cas, ça finit par aller mieux.
1510893_702488979776307_759516120_n
Après l’accouchement d’Ezra, complètement assommée par les effets secondaires de la rachi-anésthésie (je ne me souviens même plus de cette photo)

 

  • Les tranchées

    • Les tranchées, c’est le joli nom qu’on donne aux contractions post-accouchement, celles qui aident l’utérus à se remettre en place. Certaines femmes ne les sentent pas du tout, pour d’autres la douleur est pire que le travail en lui-même ! (Les douleurs empirent souvent avec le nombre de bébé) Oui, c’est possible d’avoir accouché, d’avoir son bébé dans ses bras, et de souffrir encore des contractions pendant quelques jours… Les tranchées sont souvent plus douloureuses pendant les tétées. Il n’y a malheureusement pas grand-chose à faire pour éviter ça (en vérité c’est une bonne réaction du corps), mais il y a des astuces qui peuvent aider à supporter la douleur : une bouillotte, un bain bien chaud, une respiration gérée (comme pour les contractions de travail en fait…), et si vous le souhaitez, des anti-douleurs… Courage, ça ne dure que quelques jours, et c’est signe que le corps se remet en place !

 

  • Les changements corporels

    • Ils s’améliorent en général avec le temps mais ne se remettent pas toujours complètement : ventre flasque, vergetures, cicatrices, seins de taille et forme différentes… On peut avoir encore l’air enceinte en ayant tout juste accouché ! Non, vous n’êtes pas une extraterrestre si c’est le cas. Si vous avez accouché par voie basse, libre à vous de regarder l’état de votre petit jardin fleuri (je parle de la vulve, pour celles qui préfèrent utiliser les termes corrects), mais attention, ça peut choquer…  C’est normal d’être enflée, d’avoir des bleus, des cicatrices, d’avoir l’impression que rien ne sera plus JAMAIS comme avant. Pourtant notre corps est vraiment bien formé et dans la majorité des cas, le temps fait très bien son travail. En cas de césarienne il y a aussi la petite poche créée par la cicatrice qui peut gêner les mamans… Soyez gentilles avec vous-mêmes et rappelez-vous que c’est le lot de toutes les mères !

 

15941452_1485822588109605_6761574518853493545_n
Eden – après avoir passé neuf mois dans le ventre, elle se repose… SUR ce même ventre 🙂

 

  • Les premières fois aux toilettes

    • Ce n’est pas douloureux pour tout le monde mais ça peut faire peur ; après tout ce qui vient d’arriver, notre corps supportera-t-il un nouveau passage aux toilettes ? (spoiler : oui). Un bébé est beaucoup beaucoup plus gros que des selles, alors en théorie, pas d’inquiétude à avoir ! Toujours est-il que ça peut être vécu comme un rite de passage un peu stressant pour certaines mamans… La peur d’avoir mal, que ça brûle (la sensation de l’urine sur une plaie), que « ça » ne va jamais tenir en place si on force trop… Pour la sensation de brûlure on peut s’aider d’une petite bouteille d’eau tiède ou simplement faire pipi sous la douche ! (Non ce n’est toujours pas glamour, mais enfin, osons le dire, ce n’est pas comme si on était seules à vivre ça !)

 

  • La rééducation du périnée

    • Bon et puis, une grossesse, un bébé, ça appuie sur le périnée, et parfois ça peut faire des dégâts. Certaines femmes peuvent avoir des fuites pendant quelques temps après l’accouchement, surtout quand elles toussent, éternuent, … Pour ça il existe (en France en tout cas) la rééducation du périnée. Choisissez bien votre accompagnateur.ice car il existe plusieurs méthodes et que toutes ne vous conviendront peut-être pas. En tout cas, si vous souffrez d’une faiblesse du périnée, sachez que ce n’est pas irréversible et que si vous contractez régulièrement (et correctement) vos muscles, vous avez de grandes chances de remuscler tout ça 🙂 En attendant, les protections hygiéniques sont là pour vous rassurer si besoin !

 

11836856_1022337887791413_5051870589540386002_n
Confortablement installée, câlin avec bébé Noé

 

  • Le manque d’appétit / avoir faim tout le temps

    • Et oui, on n’est pas toutes égales sur ce point-là ! Certaines d’entre vous disent avoir été surprises de ne plus avoir le goût de manger et de devoir se forcer, d’autres au contraire disent avoir eu du mal à se retenir… Que vous fassiez partie de l’une ou l’autre catégorie, ça peut être déstabilisant d’avoir (ou de ne pas avoir) ces pulsions-là. Quoi qu’il en soit, c’est vraiment un gros plus pour le corps (et donc pour la remise en forme post-accouchement) de manger sainement autant que possible… Sans exclure les petits plaisirs bien mérités évidement 🙂

 

533106_467224986636042_120609077_n
Je découvre mon premier bébé !

 

ÉMOTIONNELLEMENT

  • La solitude, l’isolement

    • On est des centaines de milliers à passer par là chaque année (en France seulement !), et pourtant, ça n’empêche pas toujours ce drôle de sentiment de solitude qui nous envahit après la naissance ! Passés les « félicitations » bien intentionnées, on peut se retrouver soudainement bien seule dans une période finalement pas facile au quotidien… Comme si le monde se désintéressait soudainement de nous. Et sur le même ordre d’idée, il y a aussi :

 

  • L’impression de n’exister qu’en tant que mère

    • On a passé neuf mois (environ) à porter la vie, on a accouché, on est complètement chamboulée… Et tout le monde nous demande « alors, comment va le bébé ? » Il va bien, merci, mais… et moi ? Et à part prendre soin de mon bébé, je sers à quoi en fait ? Nourrir son bébé, changer des couches, câliner, rassurer, donner des bains, … Les premières semaines sont vraiment prenantes pour une jeune maman, alors on peut vite avoir l’impression de passer son temps à ne faire que ça. Et si c’est le cas, la culpabilité, l’impression de ne pas se reconnaître : je suis où MOI dans tout ça ? Vais-je me retrouver un jour ? La réponse est OUI ! Mais ça paraît parfois tellement lointain qu’on se demande si c’est vraiment possible.

 

16508320_1516374815054382_6217486243694147040_n
J’ai perdu mon lit… Cododo avec Noé et Eden

 

  • La déception de ne pas avoir vécu l’accouchement rêvé

    • C’est tellement courant, même pour des naissances qui se sont finalement bien passées. On se fait toute une idée de l’accouchement, on en rêve, on se l’imagine, et même quand on s’imagine aussi d’autres scénarios possible… l’accouchement se passe comme il se passe et rarement comme on avait prévu ! On le sait, c’est imprévisible, c’est le corps qui décide (et bébé aussi), alors pourquoi on culpabilise ? Les mamans, que vous ayez accouché chez vous en une heure et sans douleur, ou que vous ayez eu une césarienne en urgence après des jours de tentative de déclenchement inefficace : vous avez accouché, et vous êtes des superhéroïnes ! Mais c’est tout-à-fait normal de regretter que les choses ne se soient pas passées comme on l’aurait espéré, et c’est important de le reconnaître. A l’entourage : ne balayez pas ces impressions comme si ce n’était rien. Les mères ont besoin d’être entendues.

 

  • Le manque de la grossesse

    • Même après avoir vécu une grossesse difficile, et après avoir souhaité qu’il arrive vite, ce bébé !… Il est courant de ressentir comme un manque une fois que cette aventure est finie. Bébé est là, c’était bien tout le but de ces derniers mois mais… Le ventre paraît soudainement incroyablement vide. On peut avoir un petit pincement au cœur en voyant d’autres femmes enceintes (qui elles n’en peuvent plus et rêvent d’avoir leur bébé dans les bras). C’est un peu irrationnel, mais c’est une réalité pour beaucoup de femmes.

 

11427208_997652143593321_6630728959159093238_n
En peau-à-peau avec Noé

 

  • En cas d’accouchement prématuré ou de complications, la séparation avec son bébé

    • Être incapable de câliner son enfant, de le porter, de le nourrir, de lui prodiguer les soins dont il a besoin… C’est très dur pour une maman ! Et si ça dure, et s’il y a des grands frères et sœurs, il arrive qu’on soit obligée de laisser bébé à l’hôpital quelques heures pendant qu’on retourne à « l’autre vie ». Comment maintenir le lien avec son bébé quand il y a une rupture physique ? Être en contact avec des familles qui sont passées par là, avoir un bon soutien de l’entourage, et surtout ne pas culpabiliser (plus facile à dire qu’à faire…), c’est déjà un bon début. Tout le reste… Ça se fait petit à petit.

 

  • Ne pas ressentir de bouffée d’amour immédiatement

    • Parfois l’amour inconditionnel arrive dans un flot d’émotion dans la seconde où le bébé naît, comme une évidence… et parfois non ! Il faut du temps à certaines pour apprendre à connaître leur bébé et à apprivoiser leur rôle de maman. Ça peut être lié à plein de choses, ça peut être juste « comme ça », mais ce n’est rien d’inhabituel et il n’y a pas à s’en cacher. Ça a été mon cas pour Eden, et j’en ai parlé ici. Et même si ça prend du temps, l’amour finit toujours par gagner !

 

15823413_1473919519299912_2864938750483227050_n
Eden (quelques heures, jours ?)

 

  • Se sentir perdue, dépassée

    • On a pensé à se renseigner sur la grossesse et l’accouchement, et on a entendu plein de témoignages… mais justement, sur cette période post-partum, on ne sait pas grand-chose. Maintenant, le bébé est là, et… on fait quoi maintenant ? Les gestes de maman ne viennent pas forcément naturellement pour tout le monde. On ne sait pas toujours comment tenir un nouveau-né si c’est le premier par exemple. Et quand on a acquis les premiers soins, reste à savoir comment on souhaite élever son enfant. Le faire dormir avec nous ou pas ? Est-ce que ça vaut le coup d’investir dans le dernier matériel de puériculture à la mode ? Pourquoi c’est si compliqué de faire un nœud d’écharpe alors que ça a l’air si facile pour les autres ? Bref, il y a 1001 (mauvaises) raisons de se sentir inadéquate.

 

  • Le baby-blues

    • Et enfin, on en entend un peu plus parler, mais qu’est-ce qu’on sait vraiment du baby-blues ? C’est une sorte de gros coup de mou qui peut arriver dans les jours qui suivent l’accouchement. C’est en grande partie lié à la chute d’hormones soudaine, alors c’est difficilement évitable (même s’il est possible de ne pas y passer). C’est très commun, mais ça ne rend pas ça plus facile à vivre ! On se sent d’un coup complètement vide, triste, les larmes coulent à flots, et on ne sait même pas pourquoi… Ça peut même surprendre l’entourage (« mais tu as tout pour être heureuse, tout va bien ! ») mais ce n’est pas quelque chose qu’on choisit d’avoir et il est encore une fois important de se faire grâce, d’accueillir ses émotions et de faciliter ce passage émotionnel difficile en se réservant des petits plaisirs. Prendre un bain, rester en pyjama (ou au contraire se maquiller, prendre soin de soi), lire un nouveau livre acheté exprès pour l’occasion, acheter (ou plutôt se faire acheter !) son dessert préféré, … faites ce qui VOUS fait du bien. Vous le méritez ! (Note importante : le baby-blues n’est pas sensé durer plus de quelques jours. Si ça ne va toujours pas mieux après une période un peu plus longue, parlez-en à quelqu’un ! C’est plus rare, mais ça peut vite évoluer en dépression post-partum, et ça c’est beaucoup plus dur d’en sortir seule.)

 

1479451_702489003109638_732437573_n
Avec Ezra le lendemain de sa naissance – la première fois que j’ai pu le tenir véritablement dans les bras

 

En Angleterre, on parle de cette période post-partum avec moins de tabou qu’en France et ça porte même un nom : le quatrième trimestre ! Je trouve cette appellation vraiment juste. Une grossesse, c’est trois trimestres, mais ça ne s’arrête pas là : il y aussi l’après qu’il ne faut pas négliger, et ça aide énormément de se dire que les trois premiers mois qui suivent l’accouchement sont le prolongement de la grossesse et l’adaptation à une nouvelle vie plutôt qu’un démarrage soudain qui devrait être automatiquement parfait. Je fais partie des femmes qui veulent entendre parler plus de ce quatrième trimestre, alors je n’hésiterai pas à partager ma propre expérience avec vous sur Instagram et sur le blog après la naissance de bébé 5. Et vous aussi, dites-moi en commentaire ce que VOUS avez trouvé difficile ou surprenant dans cette période post-partum. Je n’ai pas pu mettre toutes vos suggestions, mais vous aviez beaucoup à dire !

En tout cas, quelle que soit l’expérience de la jeune maman concernée, je pense qu’il est important de respecter son besoin d’intimité ou au contraire, son besoin d’être plus et/ou mieux entourée. On est toutes différentes sur ce point-là, mais avec le chamboulement hormonal et l’épreuve physique d’une naissance, ça me semble évident que pour que tout se passe au mieux, il faut partir du ressenti de la maman (qui n’est d’ailleurs pas toujours le même d’un bébé à un autre…) C’est là où l’entourage joue un rôle très important ! Messieurs les papas (et on sait que c’est un véritable chamboulement pour vous aussi), les grand-parents, les amis, … Même si vous ne comprenez pas tout ce qu’il se passe, même si vous n’avez pas vécu la même chose, même si vous avez oublié ce que c’était, et même si vous avez une vision différente de la façon dont il faudrait gérer les choses… Respectez la maman qui vient d’accoucher. Promis, ça fera toute la différence.

16105613_1487995727892291_4858582792827991894_n
Grand frère gaga, petite sœur câlinée, maman comblée
Grossesse, accouchement, nouveaux-nés

Accoucher chez soi – réponses à vos questions

Il paraît que c’est la semaine de sensibilisation à l’accouchement à domicile (en Angleterre en tout cas).

aad
Naissance d’Eden

Cette photo, c’est la seule que j’ai de la naissance de notre fille. J’ai perdu toutes les autres (dans un malencontreux incident impliquant mon téléphone et des toilettes). Alors elle a beau être de mauvaise qualité, floue, prise à partir d’un appareil pourri, j’y tiens beaucoup ! Et bien-sûr, à chaque fois que je la regarde, ça me ramène à ce moment intense, la première fois que j’ai vécu un accouchement à domicile…

Comme la semaine s’y prête, je vous ai demandé sur Instagram de poser toutes les questions que vous vouliez sur le sujet. Voici mes réponses !

Vos questions générales

  • L’AAD (accouchement à domicile) est-il systématiquement accompagné par une sage-femme ?

Non, on peut aussi accoucher seule ! C’est un choix encore peu répandu et très peu compris (en France en tout cas), mais c’est possible.

  • Y a-t-il des conditions particulières ou des examens supplémentaires pour pouvoir faire un AAD ?

Pour une prise en charge avec une sage-femme libérale, il vaut mieux que la grossesse se passe bien – donc pas de souci particulier et pas de risques accrus de complications. Mais en fin de compte, en France, c’est à la discrétion de la sage-femme… En Angleterre en revanche, les sage-femmes n’ont pas le droit de refuser d’accompagner une femme qui souhaite accoucher chez elle, même si son projet est considéré comme étant « contre avis médical ». Les examens de grossesse proposés sont les mêmes que pour un suivi en maternité.

  • Comment gérer la douleur ?

Il existe plein de méthodes différentes pour gérer un accouchement sans avoir recours à la péridurale. La plupart des sage-femmes libérales proposent des cours de préparation à l’accouchement spécifiquement tourné vers une naissance naturelle. (Personnellement je n’ai jamais suivi de cours ni de méthode particulière, je me suis juste beaucoup renseignée pour ne pas stresser le jour J et pour le reste j’ai fait au feeling.)

  • Et si bébé a le cordon autour du cou ?

Beaucoup beaucoup de bébés naissent avec le cordon autour du cou… La plupart du temps, même si ça peut faire peur, il n’y a vraiment pas de quoi s’affoler. Parfois il faut stimuler un peu le bébé ou lui donner de l’oxygène, mais tout ça peut être fait à la maison comme à l’hôpital – et s’il y a le moindre doute, un transfert en maternité peut se faire rapidement.

  • Et si bébé est trop gros ?

Encore une fois, c’est un faux problème… Les gros bébés naissent très bien à la maison 🙂 Peut-être même mieux qu’en maternité, puisque les femmes qui accouchent chez elles sont libres de se mettre dans des positions beaucoup plus physiologiques qu’à l’hôpital, ce qui aide beaucoup à la descente du bébé et réduit les risques de dystocie des épaules. Et si ça arrive à la maison (que les épaules restent coincées) (c’est très rare), un changement de position et des manœuvres spécifiques sont en général les seuls gestes nécessaires pour libérer les épaules. Ce sont les mêmes qui sont pratiqués à l’hôpital.

  • Comment ça se passe s’il y a un véritable souci et besoin de césarienne ?

Pas la peine de prendre de risque, on appelle une ambulance et on se retrouve à l’hôpital pour une césarienne. Les sage-femmes qui accompagnent les AAD sont très compétentes et savent reconnaître quand quelque chose ne va (vraiment) pas. Ma sage-femme à l’époque m’avait dit qu’en cas de souci pour un accouchement en maternité, il faut en général une quinzaine de minutes pour préparer le bloc opératoire et la maman à une césarienne d’urgence. Pour un AAD, la préparation se fait pendant le trajet en ambulance et la maman est prise en charge dès son arrivée à l’hôpital, souvent dans les 15 minutes aussi. Donc en réalité on ne perd pas de temps 🙂

  • Si épisiotomie ou déchirure, faut-il aller à l’hôpital pour recoudre ?

Pas forcément. Déjà, les épisiotomies sont vraiment rares lors des AAD. Une petite déchirure peut être laissée telle quelle et guérir sans être recousue (j’en suis témoin :)) La sage-femme peut aussi recoudre une déchirure plus importante. Mais pour les déchirures vraiment plus étendue (ou qui atteint le muscle), oui, un transfert en maternité après l’accouchement est souvent conseillé.

  • Est-ce raisonnable pour un premier accouchement ?

Bien-sûr, pourquoi pas ? 🙂 Une maman confiante dans son corps et son bébé + une sage-femme compétente et respectueuse = pas de raison que ce ne soit pas réalisable !

  • Faut-il une assurance particulière ?

Non. Il existe très peu d’assurances qui remboursent (tout ou partie) des frais d’accouchement… Pourtant un accouchement à domicile coûte beaucoup moins cher à la sécu qu’un accouchement en maternité, mais quand on choisit un AAD en France, il faut sortir des sousous de sa popoche (mais ce qui est bien en France c’est qu’il y a aussi la prime à la naissance donc ça peut aider :)) En Angleterre il n’y a pas d’assurance santé et pas de frais à régler.

  • Comment assumer son choix si le bébé meurt ? N’est-ce pas un projet complètement égoïste ?

C’est très triste, mais il arrive parfois que les bébés meurent pendant l’accouchement ou à la naissance… Ça arrive lors des accouchements à domicile, et ça arrive dans les maternités. Souvent il n’y a rien qui explique ce qu’il s’est passé et rien qui n’aurait pu être fait pour sauver le bébé. Toutes les études faites sur l’accouchement à domicile ont montrées que ce n’était pas plus risqué d’accoucher chez soi qu’à l’hôpital (en fait, ça a même prouvé que c’était MOINS risqué d’accoucher chez soi car moins de risques d’interventions et de complications liées aux interventions).

 

Vos questions personnelles

  • A quel moment as-tu voulu un AAD ?

En fait, j’ai toujours été accompagnée pour un AAD, dès mon premier bébé, puisque ma sage-femme me l’avait proposé. Mais j’étais très mal renseignée sur l’accouchement en général et j’ai été déclenchée pour mes deux premiers. Noé est presque né à la maison, mais j’ai été transférée en cours de travail. Eden a donc été mon premier AAD, mais ce n’était pas la première fois que j’avais ce projet !

  • As-tu accouché debout ? Comment as-tu trouvé la force ?

J’ai accouché à genoux en me reposant sur l’accoudoir de mon canapé, mais je suis restée debout pendant la grande majorité du travail. J’avais besoin de marcher, j’ai fait les 100 pas pendant plusieurs heures, en m’arrêtant de temps en temps pour accueillir les contractions. Et à la fin, quand vraiment j’étais fatiguée, je me suis appuyée sur mon canapé où je m’endormais entre les contractions ^^

  • As-tu pris des médicaments ? (paracétamol, gaz hilarant…)

Le gaz hilarant est proposé systématiquement pour les AAD en Angleterre (la sage-femme en apporte plein !) mais non, pour avoir testé pour William et Ezra, je déteste ça ! Je n’ai rien pris.

  • Vos enfants ont-ils assisté à l’accouchement ? (Est-il prévu qu’ils assistent à l’accouchement de bébé 5 ?)

Non, ils ont passé la journée avec des amis. Ce n’est pas prévu qu’ils soient là pour l’accouchement. Certains parents ont le souhait que leurs enfants assistent à la naissance de leur petit frère ou petite sœur, mais moi j’ai besoin d’être dans ma bulle et je n’en ai pas du tout envie.

  • As-tu perdu les eaux avant d’avoir des contractions ?

Pour Noé oui, j’ai perdu les eaux d’un coup pendant la nuit et les contractions sont arrivées après. Pour Eden, j’ai eu des contractions toute la nuit du 31 décembre au 1er janvier et j’ai perdu les eaux le 1er janvier vers 7h.

  • Avais-tu prévu une ambiance spéciale pour te détendre ? (lumières, musique, …)

Non, mais il s’est trouvé qu’on avait encore quelques décorations de Noël / nouvel an (bougies, guirlandes, …) et que comme le travail a commencé dans la nuit, personne n’a pensé à ouvrir les volets… Finalement, même si ce n’était pas prévu, c’était bien d’être dans une ambiance plutôt sombre avec juste quelques petites lumières. Je ne sais pas si on refera pareil  pour bébé 5 (mais comme j’imagine qu’il va naître fin Novembre / début Décembre, il se peut qu’on ait déjà installé nos décorations de Noël ^^), on verra de quoi j’ai envie le jour J. Vu mon amour du moment pour les huiles essentielles, je pense que ce sera la seule chose que je vais essayer de mettre en place ! Quant à la musique, non, tout bruit m’insupportait… Il faut croire que je ne suis pas très sociable quand j’accouche, j’aime qu’on me laisse tranquille, qu’on ne me parle pas, qu’on ne fasse pas de bruit, qu’on ne me touche pas, bref : qu’on me laisse gérer comme si j’étais complètement seule ^^

  • Du coup, envisagerais-tu de faire un ANA (accouchement non assisté) ?

Paradoxalement, malgré ce besoin d’être laissée tranquille pendant le travail, non, je n’imagine pas un ANA. Je n’ai pas peur d’accoucher seule (je sais que mon corps fera très bien son travail et que c’est moi seule qui met mon enfant au monde), mais j’ai envie que la sage-femme soit présente pour vérifier que tout va bien pour moi et pour le bébé après la naissance. J’ai envie de profiter complètement de cette rencontre avec mon bébé et de ne pas avoir à m’inquiéter du reste (est-ce que je ne perds pas trop de sang, est-ce que le placenta est bien complet, etc…) Et c’est aussi très pratique d’avoir quelqu’un qui s’occupe du rangement pendant qu’on câline le nouveau membre de la famille… 🙂

  • Avais-tu des angoisses par rapport à une quelconque complication ?

Non, parce que j’avais passé beaucoup de temps à rechercher toutes les complications possibles et que j’étais confiante qu’il y aurait de toute façon le temps d’aller à l’hôpital en cas de réel problème.

  • As-tu / voudrais-tu accoucher dans l’eau ? (dans ta baignoire ou dans une piscine de naissance)

Non ! J’ai testé dans la piscine de naissance de l’hôpital et ça ne m’a pas plu du tout…  Certaines femmes ne jurent que par ça mais ce n’est vraiment pas mon truc. Je n’aime pas particulièrement l’eau ni la sensation d’être mouillée, j’ai vite trop chaud ou trop froid et je trouve ça pénible de régler la température de l’eau (alors que c’est si rapide d’enlever un haut ou de mettre un pull), j’aime être debout et marcher et je me sens limitée dans mes mouvements dans une piscine de naissance (alors dans une baignoire c’est encore pire…)

  • As-tu trouvé une sage-femme facilement pour accompagner ton projet ?

En Angleterre oui, c’est très facile, il a suffit que j’en fasse la demande. Elles sont une douzaine ! Et en France aussi, j’ai contacté la première dont j’ai trouvé les coordonnées dans ma région et elle était parfaite ❤

  • Ton mari a-t-il toujours été d’accord ou a-t-il fallu le convaincre ?

Il a toujours été pour. Il faut dire qu’il est très relax et ne s’inquiète de rien, alors ça a toujours été « c’est ton accouchement, c’est toi qui sais ce qui te convient ». Je précise qu’il s’est endormi à chacun de mes accouchements ^^ (Mais ça ne m’a jamais dérangée, puisque de toute façon je n’ai besoin de rien d’autre que de sa présence).

  • Si ça arrivait pendant la nuit pour bébé 5, que ferais-tu des enfants ?

Honnêtement, je ne sais pas. Si c’est tard dans la nuit, on les réveillerait pour les amener chez des amis. Si c’est au tout début de la nuit, on aviserait peut-être en fonction de la rapidité à laquelle le travail semble avancer. Mais j’aimerais vraiment qu’ils ne soient pas là, sinon je pense que j’aurais tendance à me bloquer et à faire tarder la naissance.

  • Qu’est-ce qui t’attire le plus dans le fait d’accoucher chez toi ?

Sans hésitation, c’est l’après-accouchement ! Oui bien-sûr je trouve ça formidable d’accoucher sans anti-douleurs et d’avoir un vrai accompagnement rien que pour moi (plutôt qu’une sage-femme qui gère quatre naissances en même temps…), mais ce que je préfère dans l’AAD, c’est quand c’est terminé et que je suis déjà chez moi, que je peux manger ce que je veux, dormir dans mon lit, ne pas être dérangée par les examens protocolaires, … C’est le pied !

Et vous, vous en dites quoi de l’accouchement à domicile ? Partagez vos expériences si vous l’avez déjà vécu ! ❤

 

Grossesse, accouchement, nouveaux-nés

Accoucher à domicile, France vs Angleterre

Sur mes quatre enfants, il n’y a qu’Eden qui est née à la maison (et en France !), mais j’ai été suivie pour un AAD (Accouchement A Domicile) pour les trois garçons en Angleterre, et je le suis à nouveau pour cette grossesse. C’est parti pour un comparatif !

(NB : ce comparatif se base sur ma propre expérience ; les informations données ne sont peut-être pas exactes ni dans toute la France, ni dans toute l’Angleterre, mais elles le sont dans les régions dans lesquelles on a vécues. N’hésitez pas à partager votre témoignage si vous êtes concernée !)

Le suivi de grossesse :

  • En France :
    • Très médicalisé ! J’ai été surprise de toutes les prises de sang à faire, tous les examens, les RDV fréquents, le nombre d’échographies, la visite avec l’anesthésiste… Les RDV se font dans le cabinet de la sage-femme, sauf les quelques derniers qui sont à notre domicile.
    • Il existe peu de sage-femmes qui pratiquent les AAD, et pour les connaître, ça marche souvent au bouche à oreille. C’est la même qui assure tout le suivi. La mienne travaillait en équipe avec une collègue, notamment pour assurer une présence le jour J si elle n’était pas disponible.
    • Les sage-femmes indépendantes ne sont pour la plupart pas assurées pour pratiquer les AAD (à cause du prix !) et prennent donc en général peu de risque.
    • Les futures mamans s’arrêtent souvent de travailler au cours de la grossesse, soit en commençant leur congé maternité, soit en demandant un congé pathologique.
    • Les cours de préparation à la naissance sont très courant et il y en existe plein de sortes !

 

  • En Angleterre :
    • Au contraire, très peu de suivi, surtout quand il s’agit d’un 2ème bébé (ou plus). Pour tout vous dire, j’en suis à 31 semaines, et je n’ai eu que deux RDV avec ma sage-femme ^^ Tous se passent au domicile de la future maman.
    • L’AAD est souvent proposé aux futures mamans dont les grossesses se passent bien (chez nous ils font vraiment un effort pour essayer de promouvoir les naissances à domicile).
    • Il n’y a que deux échographies programmées (à 12 et 20 sa), et beaucoup moins de tests de routine (je n’avais personnellement jamais été testée pour la toxoplasmose en trois grossesses par exemple). Pas de RDV avec un anesthésiste non plus.
    • La plupart des villes ont une équipe de « community midwives » (sage-femmes de communauté) rattachée à l’hôpital le plus proche, qui s’occupe justement de suivre les femmes qui souhaitent accoucher chez elle. Dans ma ville, elles sont une douzaine. C’est aussi la même sage-femme qui assure tout le suivi de grossesse, mais comme il y a toute une équipe, on peut toujours demander à en changer si le courant ne passe pas.
    • Les sage-femmes sont employées par le NHS (« National Health Service », le système de santé anglais) et donc ne peuvent pas refuser d’accompagner les futures mamans qui ont ce projet d’AAD, même lorsqu’il y a des complications.
    • Les futures mamans travaillent jusqu’au jour J (ou presque) ; le congé pathologique est rare et souvent uniquement accordé en cas de problème avéré.
    • Les cours de préparation à l’accouchement proposés par le NHS se résume à 1h ou 2 dans une grande salle avec plein de futurs parents pour parler de l’accouchement. Sinon, on peut payer (cher) pour assister à de très bons cours, proposés par le NCT (National Childbirth Trust).

 

30 sa
30 semaines, bébé 5

 

L’accouchement :

  • En France :
    • La future maman fournit le matériel pour l’accouchement : alèses, etc, selon une liste donnée par la sage-femme.
    • La sage-femme (qui se déplace souvent sur une distance assez longue) arrive le jour J quand on lui demande de venir (un peu tôt dans mon cas, oups).
    • Elle reste quelques temps après la naissance pour vérifier que tout se passe bien.
    • Coût total d’un AAD : entre 200 et 1000€ environ (ça varie énormément selon les régions…)

 

  • En Angleterre :
    • Dans certaines régions, ce sont les sage-femmes qui amènent le matériel ; dans d’autres, c’est la future maman qui le fournit. Dans tous les cas, les sage-femmes ont avec elle du protoxyde d’azote (gaz hilarant) à disposition pour l’accouchement.
    • Le jour J, ce n’est pas forcément la sage-femme qui a fait le suivi de grossesse qui est présente : tout dépend de si elle est « on call » ce jour-là ou pas ! Puisqu’elles sont une équipe, elles peuvent être appelées à tout moment lorsqu’elles sont de garde et sont bien-sûr obligées d’aller se reposer entre deux journées de travail. Par contre, on a plusieurs opportunités pendant la grossesse de rencontrer toute l’équipe de « community midwives », et on peut toujours demander une sage-femme en particulier (ou en refuser une autre).
    • La sage-femme envoyée par l’équipe arrive et reste ou non en fonction de l’avancement du travail (qu’elle juge souvent simplement selon comment la maman gère…)
    • Lorsque la sage-femme présente pense que le moment fatidique approche, elle appelle une seconde sage-femme : elles sont deux pour l’expulsion du bébé et du placenta.
    • Elles restent ensuite environ 2h après la naissance, également pour vérifier que tout va bien.
    • Coût : 0€, tout est payé par le NHS.
Eden
Eden, un jour

L’après-accouchement :

  • En France :
    • La sage-femme revient dans les 48h et assure le suivi la première semaine (et le premier mois, me semble-t-il…) Puis c’est aux parents de choisir un suivi pour leur bébé (médecin traitant, pédiatre, PMI, rien du tout, …)
    • Les cours de rééducation du périnée sont fortement recommandés (et tout le monde s’étouffe en apprenant que je n’en ai jamais fait pour les trois premiers).

 

  • En Angleterre :
    • La sage-femme qui a assuré le suivi de grossesse (qui est parfois la même que celle présente à l’accouchement, parfois non) assure aussi le suivi post accouchement, toujours à la maison. Niveau fréquence, c’est similaire à la France, mais c’est pendant les six premières semaines. Ensuite le relai est passé à un « health visitor » qui vient à la maison les premiers mois.
    • La rééducation du périnée, ça n’existe pas ! Ou plutôt, on en entend parler vaguement par la sage-femme qui mentionne énigmatiquement « n’oubliez pas de travailler votre périnée », et puis c’est tout, plus personne n’en reparle jamais.

 

Personnellement, je préfère le suivi anglais, mais j’ai la chance d’avoir eu des grossesses relativement sans encombre et j’aime bien être laissée tranquille… Donc le suivi très médicalisé français, j’ai eu du mal à m’y faire. Je reviendrai vous raconter la naissance de bébé 5, en espérant qu’il naisse à la maison comme sa grande sœur ! ❤

Grossesse, accouchement, nouveaux-nés

Il ne s’appelle plus Nino (changement de prénom tardif)

Ça fait presque un an qu’on a annoncé officiellement que notre fils changeait de prénom. De Nino, il est devenu Noé. Sur le post où je vous en parlais, je précisais que je ne donnerais pas de détails sur les raisons qui nous ont poussées à faire ce changement. Malgré tout, je continue à recevoir régulièrement des messages de personnes qui insistent en me demandant d’en dire plus.

Attention, vous êtes prêts ? Je vais crever l’abcès.

10441062_989108191114383_8918005353217001612_n
Moi à 39 SA

 

NON, je n’ai pas prévu de vous dévoiler pourquoi notre fils a changé de prénom alors qu’il avait déjà deux ans. Comme je l’ai déjà dit, c’est son histoire. C’est un détail qui lui appartient et qu’on veut qu’il soit libre de partager (ou non) plus tard.

Si j’en parle aujourd’hui, c’est simplement pour témoigner qu’il n’y a vraiment pas de quoi en faire toute une histoire 🙂 Pour dire qu’effectivement, ça reste un détail.

11427208_997652143593321_6630728959159093238_n

Notre troisième fils est né le 14 Juin 2015. On a choisi de l’appeler Nino. Comme le veut la loi anglaise, on a déclaré son prénom dans les six premières semaines de sa naissance.

C’était un bébé très calme et qui s’est intégré à notre famille comme s’il avait toujours été là.

1480784_1002242269800975_5108227017629505014_n

On a eu la joie de le regarder grandir et de l’accompagner dans ses apprentissages. On a vu la relation entre lui et ses frères se développer. Et en Janvier 2017, il est même devenu grand frère, et un grand frère très attentionné. Petit à petit, on a appris à le connaître. On a choyé ses forces et ses victoires. Il savait faire craquer (et rire !) son entourage ! Bref, c’était loin d’être un enfant malheureux 🙂

13310360_1214566878568512_1755729880690092818_n

Et puis en Octobre 2017, après des semaines et des mois de réflexion (non, changer le prénom d’un enfant de deux ans ne se fait pas sur un coup de tête :)), on a commencé à l’appeler Noé. Ça n’a pas été difficile, parce qu’on avait simplement l’impression de lui rendre son identité complète. Ça ne l’a pas traumatisé.

Pour la petite histoire, lorsqu’on a dit aux grands frères que Nino allait maintenant s’appeler Noé, ils ont répondu « D’accord », puis « On peut retourner jouer ? »

 

Noé lui-même a très vite repris les personnes qui se trompaient en l’appelant. Pas méchamment, à peine en levant la tête, il précisait : « C’est Loé ! » et c’était la fin de l’histoire. Un détail, je vous dis.

Un détail, parce qu’il a été amené avec amour, parce qu’on a pris en compte notre fils, et parce qu’on a été très bien accompagnés.

17554200_1578471338844729_1179534145407736213_n

 

En quelques jours à peine, Noé était devenu SON prénom, et dans la maison, il n’y avait plus d’erreurs. D’ailleurs, quand on entendait des gens qu’on n’avait pas vu depuis longtemps l’appeler Nino, ça nous faisait tout bizarre, comme si on avait oublié qu’un jour il avait porté ce prénom !

Une anecdote sur le sujet : on avait décidé avec Mat qu’on annoncerait officiellement le changement à tous ceux qui n’étaient pas encore au courant le lendemain de Noël. Nos familles et amis le savaient déjà, bien-sûr. Pour marquer l’officialisation de la chose, on a offert à Noé un livre spécial dans lequel on a écrit un petit mot. C’est Ezra qui m’a aidé à emballer son cadeau. Quand je lui ai expliqué que c’était un livre pour se souvenir que son frère changeait officiellement de prénom, Ezra m’a demandé, confus : « Mais… Il s’appelait comment avant ? » Pourtant, ça faisait à peine quelques semaines qu’on leur avait tout expliqué !

 

Encore une petite anecdote : en préparant notre départ en Angleterre, alors qu’on regroupait les passeports de toute la famille pour passer la douane, William s’est mis a les ouvrir un par un pour regarder nos photos. En ouvrant celui de Noé, il a lu à voix haute : « Nino Elijah Weiner ». Il a marqué une pause, étonné… S’est tourné vers Noé, et lui a dit : « Wahou, tu te souviens quand tu t’appelais Nino ? » Ce à quoi Noé a souri et a répondu « Eh oui » avant de regarder la photo de lui bébé, puis celle de son frère, et de lui demander : « Et sur ton passeport y a écrit quoi ? » Voilà, c’est tout. C’est à quel point il est traumatisé.

Pour autant, on n’en a jamais voulu à ceux pour qui ça a pris plus de temps… Ceux qui vivaient proches de nous s’y sont fait très vite, mais pour d’autres, ça a été plus compliqué. Il faut dire que pas tout le monde n’était d’accord avec notre choix, ce qu’on comprenait tout-à-fait (et en même temps, on savait que c’était notre décision). Alors on n’a jamais été fâchés ou déçus que les gens se trompent parfois en appelant notre fils. Et Noé non plus. Il connait son histoire, il SAIT que Nino, c’était son prénom avant, et que son prénom maintenant, c’est Noé. Finalement, ce n’est pas bien compliqué.

Vous êtes nombreux à nous avoir souhaité bonne chance pour les changements de papiers officiels. On a cette chance qu’il soit né en Angleterre et que la loi soit assez souple sur le sujet. Les papiers sont en cours, c’est un peu long mais c’est très facile. De toute façon, pour nous, ça ne change absolument rien. On a trois fils : William, Ezra, et Noé. Point.

18951004_1682310661794129_382198391791892430_n

Un an après, je peux vous dire qu’on ne regrette absolument pas notre décision.

Ce n’est pas parce qu’on ne souhaite pas partager publiquement les raisons de ce changement de prénom qu’il faut penser que c’est un secret de famille. Ça ne l’est pas. Nos proches sont au courant, et, plus important, LUI est au courant. Ce n’est pas et ça ne sera jamais un sujet tabou.

Quand notre fils était bébé, il était très souriant, gourmand, il aimait les câlins, il adorait la musique, et il s’appelait Nino.

Aujourd’hui, il est audacieux, drôle, attendrissant, il aime toujours autant la musique, et il s’appelle Noé.

C’est un garçon de trois ans bien dans sa peau et plein d’énergie et on ne pourrait pas l’aimer plus ❤

37649316_2282711078420748_6546232270292779008_n

Noé Elijah Weiner

Grossesse, accouchement, nouveaux-nés

Lettre à mon fils, 9 mois

(Publié pour la première fois le 14/09/2014 sur mon ancien blog, ces émotions me prennent toujours autant aux tripes et j’avais envie d’immortaliser ce texte en le partageant à nouveau ici. J’ai écrit cette lettre lors d’une psychothérapie qui m’a aidée à sortir de la dépression post-partum).
sUI3YXmpaEESjfe3U1K23X0rbko
Ezra, neuf mois

 

Ezra,

Je m’étais promis que je prendrais autant de photos de toi bébé que de William. J’étais sûre que je n’oublierais pas d’immortaliser toutes tes petites mimiques. Et nous voilà, tu as bientôt 9 mois… Et je n’ai pas tenu la promesse que je m’étais faite. Quand tu grandiras, est-ce que tu penseras que je ne t’aimais pas autant que ton frère ?

Ezra, tu es si calme, si sage, si agréable ; parfois, on pourrait presque oublier que tu es là. Tu attends, en silence, qu’on ait le temps de s’occuper de toi. Comme je culpabilise de ne pas être disponible pour toi autant que je l’ai été pour William…

Ce soir, tu portes un pyjama trop long. J’ai voulu prendre une taille un peu plus grande, cette fois. Tu sais pourquoi. Tu m’as entendu parler de l’armoire dans laquelle reposent tous les petits vêtements que tu n’as jamais mis. J’ai bien fait de t’acheter un pyjama trop grand ; demain, déjà, il sera trop petit. Tu grandis vite, beaucoup trop vite.

Ezra, quand tu as du mal à t’endormir le soir… Je te prends dans mes bras. Je te berce. Je te chante des berceuses. Je te câline. Il n’y a que toi et moi. Je profite de chaque seconde. Il m’arrive de pleurer, quand je pense à tout ça…

Quand je plonge mon nez dans les pliures de ton cou… Je sens ton odeur, l’odeur que tu avais quand tu es né. L’odeur qui me rappelle que tu es encore un bébé ; mon tout petit bébé. Ça sent bon, comme un parfum unique, indescriptible.

Quand je te berce… Je me sens tellement privilégiée. Que tu sois là, petit bonhomme, dans mes bras. Je retiens mes larmes. Je voudrais te serrer fort, fort, fort, pour que ce moment ne s’arrête jamais.

Quand je murmure dans ton oreille… Je pense toutes mes paroles. Tous les petits secrets, les petites prières, les petits mots doux. Est-ce que tu comprends ce que je te dis ? Est-ce que tu sais que je t’aime ?

Quand je glisse mes doigts dans tes cheveux, que je dépose un bisou dans le creux de ta joue, que je te souris, que nos regards se croisent, que je caresse ta main… Je pense à tous ces moments passés qui ne reviendront pas. Je pense à qui tu es. Je pense à toi.

Ezra, quand je te regarde… Je vois le petit garçon fragile et discret que tu es, mais aussi l’homme confiant que tu vas devenir. Et quand je te regarde, je ressens à la fois une fierté immense de savoir que tu es mon fils, et le déchirement de savoir qu’un jour, tu construiras ta vie loin de moi.

Peut-être qu’un jour tu liras ce texte, et tu sauras que je t’aime, autant qu’une mère peut aimer son enfant.

Ta maman.

Grossesse, accouchement, nouveaux-nés

Un début difficile

Comme vous le savez peut-être, je suis enceinte. Un cinquième bébé qui s’est logé par surprise alors qu’on était en plein projet d’adoption. Je vous partage un texte que j’ai écrit quelques semaines après le début de grossesse :

 

Je regarde la deuxième barre devenir de plus en plus foncée sur le test de grossesse.

Le choc.

La panique. Je ne suis pas prête. Ça fait des mois que je le dis, que je le répète : je ne suis pas prête à revivre une nouvelle grossesse maintenant. Je ne suis pas prête physiquement. Je ne veux pas revivre les nausées, les insomnies, les douleurs, l’accouchement… Je ne suis pas prête moralement. Je ne veux pas mettre un terme à ce projet d’adoption qui me tient tellement à cœur.

La culpabilité. J’aurais dû faire plus attention. Comment une femme de mon âge peut-elle oublier sa contraception ?

La colère. Comment LUI a-t-il pu l’oublier ?

La panique, encore. Des flots de larmes. Au secours, je ne suis pas prête, je ne veux pas de ce bébé.

Le doute. Mais je saigne, depuis des jours ; ce n’est pas du vieux sang, c’est bien rouge : je fais peut-être une fausse couche ? Si ça se trouve, je panique pour rien.

Puis, l’attente. Je ne saigne plus.

Mathias est content. Ça m’angoisse. Pourquoi est-il content ? Ce n’était pas prévu. A-t-il déjà tiré un trait sur l’enfant qu’on s’imagine depuis un an, celui qu’on va adopter ? A-t-il bien compris que je n’étais pas prête ?

Et puis un matin, je me rends compte que je saigne à nouveau. Et, assise sur mes toilettes, j’ai une réaction qui me surprend : je fonds en larmes. Malgré tous mes efforts pour ne pas y penser, je me suis attachée à ce bébé. Il n’était pas du tout prévu, mais maintenant qu’il est là, je ne veux pas qu’il s’en aille. Je ne suis pas prête à revivre une grossesse. Je le suis encore moins à subir une fausse couche.

C’est la tristesse qui m’envahit maintenant. Et un peu d’espoir, un tout petit peu d’espoir. Pour la première fois, je caresse mon ventre et je parle à mon bébé. Accroche-toi s’il-te-plait, accroche-toi, je t’en supplie, ne pars pas.

Aux urgences, on m’annonce que je fais une fausse couche.

Voilà, c’est comme ça, ça devait arriver. Je m’en doutais, vu tout le sang que j’ai perdu. Je ne ressens plus rien. Peut-être que je suis dans le déni.

Mais quand je rentre et que j’en parle à Mat, il a beaucoup de peine. Il s’est déjà investi moralement dans cette grossesse. Il en a même parlé à une inconnue au parc ! Il pleure. Lui qui pleure si peu. Ça me fait mal au cœur. Que puis-je faire d’autre que de pleurer avec lui ?

Je culpabilise tellement. De ne pas avoir su que j’étais enceinte alors qu’à y réfléchir, il y avait déjà des signes. De ne pas avoir pris soin de moi. D’avoir mal réagi en voyant le test de grossesse positif… C’est surtout ça qui me brise le cœur. Ce bébé n’est resté que quelques jours à l’intérieur de moi, et la seule chose que j’ai su lui offrir, c’est le sentiment de ne pas avoir été voulu. Il méritait mieux que ça.

Le week-end est bien noir. On ne trouve rien d’autre de mieux à faire que de pleurer ensemble. On est bien, en fait. On est bien à souffrir ensemble. On se comprend. On parle peu. Juste ce qu’il faut. On a décidé que le bébé était un garçon. On lui a donné un prénom. On se demande si il compte comme un de nos enfants ? Oui, il compte. On se pose des questions de logistiques. Qu’est-ce qu’on répondra aux gens qui nous demanderont combien on a d’enfants ? « 4 avec nous, 1 au Paradis » ? Et l’enfant qu’on va adopter, ce sera notre cinquième ou notre sixième ? Ça n’a pas d’importance, il n’est plus là. Tristesse, désespoir. On fait le deuil.

Paradoxalement, au milieu de tout ça, on est en paix. Je n’ai jamais aussi bien dormi ces derniers jours que depuis plusieurs années. Je suis reposée. Je suis paisible. Mathias aussi. On s’autorise à sourire.

Concentrons-nous sur les vivants. Notre tout petit bébé ne souffre pas. Nos autres enfants ont besoin de nous.

Le lendemain, je refais une prise de sang pour vérifier que mon taux d’hormones est bien descendu et que je n’aurais pas besoin d’un curetage. Ce serait ma hantise : je déteste les hôpitaux… J’y vais à reculons, la gorge serrée.

Je regarde les résultats sur internet le midi même. J’ai peur. La page s’affiche.

Le verdict est devant moi : mon taux d’hormones est remonté. J’ai la sensation de me prendre une claque en pleine tête. Qu’est-ce que ça veut dire ??

Ca tourne, trop d’émotions se chamaillent : le choc, l’espoir, la colère, le soulagement, la panique, la tristesse…

Je ne m’attendais pas à ça !

Ça veut dire que notre bébé s’est accroché ?

On nous a laissé faire le deuil d’un bébé qui n’était pas parti ?

Ouf, je n’ai pas fait de fausse couche…

Attendez, je suis enceinte ? Mais je ne suis pas prête !

Oh non, ça veut dire qu’on doit annuler notre projet d’adoption ?…

La commission nous a accordé l’agrément d’adoption le jour où j’ai appris que j’étais toujours enceinte. Quelle drôle d’ironie.

Je ne sais plus quoi penser. Être triste, me réjouir ? Où suis-je censée me situer maintenant ? Quelle est la légitimité de mes émotions au milieu de cette tempête ?

Je dois me réjouir, bien-sûr. Une nouvelle vie est un cadeau. Qu’elle soit arrivée par surprise ne veut pas dire qu’elle ne fait pas partie d’un plan plus grand que le mien. Il va juste me falloir du temps. Et je pense qu’il n’y a rien de mal à avoir besoin de temps.

Petit bébé, merci de t’être installé sans y avoir été invité.

Grossesse, accouchement, nouveaux-nés

Je ne l’ai pas aimée tout de suite

Je ne l’ai pas aimée tout de suite.

Elle est née comme je l’avais rêvé, chez moi, en compagnie de son papa et de notre sage-femme.

Pas tout-à-fait comme je l’avais imaginé, bien-sûr. Elle a pris son temps. Elle a choisi de naître en plein milieu de la journée, à l’inverse du cocon nocturne que j’avais naïvement espéré, et à une date que j’aurais préféré éviter.

Mais peu importe. Elle est née le jour où elle devait naître, et d’une façon presque idyllique.

15823377_1477362275622303_8392396687685533249_n

Alors pourquoi je n’ai pas senti cette montée d’amour maternel dès que je l’ai prise dans les bras ? Je ne sais pas.

Peut-être que c’était le choc de découvrir qui elle était. Une fille ! J’étais persuadée d’attendre encore un petit garçon.

Peut-être que c’était plutôt les commentaires des autres qui, immédiatement après leurs chaleureuses félicitations, enchaînaient avec un clin d’œil – coup de coude en appuyant à QUEL POINT je devais être heureuse d’avoir ENFIN une fille. Tous ceux sûrs et certains que j’avais secrètement espéré que ce soit le cas pendant toute ma grossesse sans jamais oser l’avouer.

Et dans mes rêves les plus fous – quand je me disais « Et si ?… » en imaginant une potentielle fille – elle avait la peau claire, les cheveux châtains, une bouille toute ronde et des petits yeux noisettes. Elle ne ressemblait pas du tout au bébé réel que je tenais dans les bras, qui me regardait de ses grandes billes noires, vêtue d’une peau presque métisse, et qui pesait moins lourd que tous ses frères à la naissance.

16299527_1504457939579403_133554982851143497_n

Oh, je ne l’ai jamais repoussée. Elle était si petite ! Si mignonne ! Si bébé !

Les premières semaines, je m’occupais d’elle avec plaisir. J’étais tellement heureuse d’avoir à nouveau un bébé. Mais j’étais aussi très consciente que je prenais soin d’elle comme je l’aurais fait de n’importe quel bébé : par amour des nouveaux-nés, par amour des premiers gestes de tendresse, par amour du portage, de l’allaitement, des vêtements miniatures, de l’idée d’une famille nombreuse ; sans doute aussi un peu par fierté d’avoir accouché et par bonheur de retrouver mon corps. Mais pas parce qu’elle était MA FILLE.

Elle était très facile. Elle dormait beaucoup (comme cela a bien changé aujourd’hui !), elle ne pleurait jamais, elle se nourrissait très bien, et elle était déjà visiblement très en éveil. Rien de bien compliqué.

18620062_1660362020655660_3776195644631405421_n

Malgré tout, au fil des semaines et des mois qui passaient, j’étais de plus en plus vigilante au moindre signe d’amour que je pouvais éprouver envers elle… Et il y en avait, bien-sûr. Pourtant, à aucun moment je ne les ressentais comme l’amour inconditionnel et surpuissant d’une mère envers son enfant. Est-ce que mon amour pour elle à cette époque était fragile ? Est-ce qu’il aurait été mis à l’épreuve si elle n’avait pas été aussi facile ? Peut-être. Sans doute. Heureusement, la question ne s’est jamais posée.

Et puis il y a eu un matin, quand elle avait neuf mois (la durée d’une grossesse, coïncidence ou pas ?), un matin où j’ai SU. Je l’ai sortie du bain, comme d’habitude, j’ai déposé un bisou dans le creux de son cou, ma faiblesse, je l’ai regardée, elle m’a regardée, et pour la première fois, nos regards se sont vraiment rencontrés. Et dans ses immenses yeux noirs, j’ai vu la promesse d’un lien qui ne faillirait jamais. J’ai vu nos ressemblances. J’ai vu que je l’aimais.

25498517_1950244298334096_6753190412039771023_n

 

Si vous me demandez maintenant à quel point je l’aime, je vous répondrai sans hésitation que je mourrais pour elle, que mon cœur se remplit de joie rien qu’à penser à elle, et que je me sens incroyablement bénie d’être sa maman. Et je vous le répéterai encore pour être sûre que vous ayez bien compris que mon amour pour elle est indiscutable, et d’ailleurs, est-ce que vous êtes conscients que vous parlez d’une personne EXCEPTIONNELLE ?

Si seulement vous pouviez la voir comme je la vois.

Ma fille.

Je ne l’ai pas aimée tout de suite, mais maintenant, qu’est-ce que je l’aime !

 

16114025_1489019814456549_6001655033523864431_n

Sur un de ses pyjamas de naissance : « programmé(e) pour aimer »