Ma vie d'expat'

Vivre en France – le top 5 du pire

Je vous avoue que je poste ce dessin avec une petite appréhension qu’il passe moins bien que le premier de la série… Alors comme la majorité de mes lecteurs sont français, et que je ne voudrais pas vous froisser ( ❤ ), j’ajoute un petit disclaimer : ce dessin est basé sur des généralités. Je connais de nombreux français adorables, et comme pour tout dans la vie, il y a évidemment des exceptions aux idées exprimées. Il n’empêche que ces raisons ont atterri sur mon dessin parce qu’elles font partie des choses qu’on a beaucoup ressenties (et qu’on ressent toujours) depuis notre arrivée en France, il y a plus de deux ans maintenant. On sait aussi qu’elles ont déjà contribué à inciter d’autres ex-expats comme nous à retourner dans leur pays d’accueil. Parce qu’une fois qu’on a connu autre chose, quand on revient dans son pays natal, on est soudainement confronté à des choses dont on n’avait pas forcément conscience avant. Et ce n’est pas facile à vivre pour tout le monde (prochainement je vous ferai un article sur le blues de l’ex-expat).

Allez, voici le top 5 du pire en France, et rappelez-vous que c’est de bonne guerre après le top 5 du pire en Angleterre !

(Bien-sûr, tout n’est pas tout noir, et c’est pour ça qu’on passe au top 5 du mieux très vite 😉 )

top 5 worst things about living in France

Ma vie d'expat', Ma vraie vie

On déménage ! (Vivre en Angleterre – le top 5 du pire)

Hello everyone !

Je me prépare, puisque d’ici un mois et demi, nous serons en Angleterre !

Comme nous sommes en train de préparer le déménagement, et un changement de vie complet, les trois prochains mois risquent d’être plus calmes sur le blog… En tout cas en terme de dessin ! (Je n’aurai pas ma tablette de tout le mois de Juin par exemple)

Après cette petite période de transition, j’espère que je trouverai le temps de continuer à poster régulièrement.

En attendant, pour fêter cette nouvelle, je vous propose une mini-série sur le top 5 du pire et du mieux en France et en Angleterre ! Voici le premier dessin de la série (qui ne donne pas très envie de partir, je vous l’accorde… Vivement les autres dessins ^^)

top 5 worst things about living in England

Dernière case :

– On se dit rdv à 19h ?

– Donc… Après manger ?

– Non non, on mangera ensemble.

– Comment ça ? Je prends mon dîner à 17h.

 

Je partagerai avec nous notre expatriation familiale. N’hésitez pas à vous abonner à notre chaîne Youtube et/ou à nous suivre sur Instagram 🙂

 

Ma vraie vie

Un début difficile

Suite à l’annonce d’hier, je vous partage un texte que j’ai écrit quelques semaines après le début de grossesse :

 

Je regarde la deuxième barre devenir de plus en plus foncée sur le test de grossesse.

Le choc.

La panique. Je ne suis pas prête. Ça fait des mois que je le dis, que je le répète : je ne suis pas prête à revivre une nouvelle grossesse maintenant. Je ne suis pas prête physiquement. Je ne veux pas revivre les nausées, les insomnies, les douleurs, l’accouchement… Je ne suis pas prête moralement. Je ne veux pas mettre un terme à ce projet d’adoption qui me tient tellement à cœur.

La culpabilité. J’aurais dû faire plus attention. Comment une femme de mon âge peut-elle oublier sa contraception ?

La colère. Comment LUI a-t-il pu l’oublier ?

La panique, encore. Des flots de larmes. Au secours, je ne suis pas prête, je ne veux pas de ce bébé.

Le doute. Mais je saigne, depuis des jours ; ce n’est pas du vieux sang, c’est bien rouge : je fais peut-être une fausse couche ? Si ça se trouve, je panique pour rien.

Puis, l’attente. Je ne saigne plus.

Mathias est content. Ça m’angoisse. Pourquoi est-il content ? Ce n’était pas prévu. A-t-il déjà tiré un trait sur l’enfant qu’on s’imagine depuis un an, celui qu’on va adopter ? A-t-il bien compris que je n’étais pas prête ?

Et puis un matin, je me rends compte que je saigne à nouveau. Et, assise sur mes toilettes, j’ai une réaction qui me surprend : je fonds en larmes. Malgré tous mes efforts pour ne pas y penser, je me suis attachée à ce bébé. Il n’était pas du tout prévu, mais maintenant qu’il est là, je ne veux pas qu’il s’en aille. Je ne suis pas prête à revivre une grossesse. Je le suis encore moins à subir une fausse couche.

C’est la tristesse qui m’envahit maintenant. Et un peu d’espoir, un tout petit peu d’espoir. Pour la première fois, je caresse mon ventre et je parle à mon bébé. Accroche-toi s’il-te-plait, accroche-toi, je t’en supplie, ne pars pas.

Aux urgences, on m’annonce que je fais une fausse couche.

Voilà, c’est comme ça, ça devait arriver. Je m’en doutais, vu tout le sang que j’ai perdu. Je ne ressens plus rien. Peut-être que je suis dans le déni.

Mais quand je rentre et que j’en parle à Mat, il a beaucoup de peine. Il s’est déjà investi moralement dans cette grossesse. Il en a même parlé à une inconnue au parc ! Il pleure. Lui qui pleure si peu. Ça me fait mal au cœur. Que puis-je faire d’autre que de pleurer avec lui ?

Je culpabilise tellement. De ne pas avoir su que j’étais enceinte alors qu’à y réfléchir, il y avait déjà des signes. De ne pas avoir pris soin de moi. D’avoir mal réagi en voyant le test de grossesse positif… C’est surtout ça qui me brise le cœur. Ce bébé n’est resté que quelques jours à l’intérieur de moi, et la seule chose que j’ai su lui offrir, c’est le sentiment de ne pas avoir été voulu. Il méritait mieux que ça.

Le week-end est bien noir. On ne trouve rien d’autre de mieux à faire que de pleurer ensemble. On est bien, en fait. On est bien à souffrir ensemble. On se comprend. On parle peu. Juste ce qu’il faut. On a décidé que le bébé était un garçon. On lui a donné un prénom. On se demande si il compte comme un de nos enfants ? Oui, il compte. On se pose des questions de logistiques. Qu’est-ce qu’on répondra aux gens qui nous demanderont combien on a d’enfants ? « 4 avec nous, 1 au Paradis » ? Et l’enfant qu’on va adopter, ce sera notre cinquième ou notre sixième ? Ça n’a pas d’importance, il n’est plus là. Tristesse, désespoir. On fait le deuil.

Paradoxalement, au milieu de tout ça, on est en paix. Je n’ai jamais aussi bien dormi ces derniers jours que depuis plusieurs années. Je suis reposée. Je suis paisible. Mathias aussi. On s’autorise à sourire.

Concentrons-nous sur les vivants. Notre tout petit bébé ne souffre pas. Nos autres enfants ont besoin de nous.

Le lendemain, je refais une prise de sang pour vérifier que mon taux d’hormones est bien descendu et que je n’aurais pas besoin d’un curetage. Ce serait ma hantise : je déteste les hôpitaux… J’y vais à reculons, la gorge serrée.

Je regarde les résultats sur internet le midi même. J’ai peur. La page s’affiche.

Le verdict est devant moi : mon taux d’hormones est remonté. J’ai la sensation de me prendre une claque en pleine tête. Qu’est-ce que ça veut dire ??

Ca tourne, trop d’émotions se chamaillent : le choc, l’espoir, la colère, le soulagement, la panique, la tristesse…

Je ne m’attendais pas à ça !

Ça veut dire que notre bébé s’est accroché ?

On nous a laissé faire le deuil d’un bébé qui n’était pas parti ?

Ouf, je n’ai pas fait de fausse couche…

Attendez, je suis enceinte ? Mais je ne suis pas prête !

Oh non, ça veut dire qu’on doit annuler notre projet d’adoption ?…

La commission nous a accordé l’agrément d’adoption le jour où j’ai appris que j’étais toujours enceinte. Quelle drôle d’ironie.

Je ne sais plus quoi penser. Être triste, me réjouir ? Où suis-je censée me situer maintenant ? Quelle est la légitimité de mes émotions au milieu de cette tempête ?

Je dois me réjouir, bien-sûr. Une nouvelle vie est un cadeau. Qu’elle soit arrivée par surprise ne veut pas dire qu’elle ne fait pas partie d’un plan plus grand que le mien. Il va juste me falloir du temps. Et je pense qu’il n’y a rien de mal à avoir besoin de temps.

Petit bébé, merci de t’être installé sans y avoir été invité.

Ma vraie vie

Je ne l’ai pas aimée tout de suite

Je ne l’ai pas aimée tout de suite.

Elle est née comme je l’avais rêvé, chez moi, en compagnie de son papa et de notre sage-femme.

Pas tout-à-fait comme je l’avais imaginé, bien-sûr. Elle a pris son temps. Elle a choisi de naître en plein milieu de la journée, à l’inverse du cocon nocturne que j’avais naïvement espéré, et à une date que j’aurais préféré éviter.

Mais peu importe. Elle est née le jour où elle devait naître, et d’une façon presque idyllique.

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Alors pourquoi je n’ai pas senti cette montée d’amour maternel dès que je l’ai prise dans les bras ? Je ne sais pas.

Peut-être que c’était le choc de découvrir qui elle était. Une fille ! J’étais persuadée d’attendre encore un petit garçon.

Peut-être que c’était plutôt les commentaires des autres qui, immédiatement après leurs chaleureuses félicitations, enchaînaient avec un clin d’œil – coup de coude en appuyant à QUEL POINT je devais être heureuse d’avoir ENFIN une fille. Tous ceux sûrs et certains que j’avais secrètement espéré que ce soit le cas pendant toute ma grossesse sans jamais oser l’avouer.

Et dans mes rêves les plus fous – quand je me disais « Et si ?… » en imaginant une potentielle fille – elle avait la peau claire, les cheveux châtains, une bouille toute ronde et des petits yeux noisettes. Elle ne ressemblait pas du tout au bébé réel que je tenais dans les bras, qui me regardait de ses grandes billes noires, vêtue d’une peau presque métisse, et qui pesait moins lourd que tous ses frères à la naissance.

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Oh, je ne l’ai jamais repoussée. Elle était si petite ! Si mignonne ! Si bébé !

Les premières semaines, je m’occupais d’elle avec plaisir. J’étais tellement heureuse d’avoir à nouveau un bébé. Mais j’étais aussi très consciente que je prenais soin d’elle comme je l’aurais fait de n’importe quel bébé : par amour des nouveaux-nés, par amour des premiers gestes de tendresse, par amour du portage, de l’allaitement, des vêtements miniatures, de l’idée d’une famille nombreuse ; sans doute aussi un peu par fierté d’avoir accouché et par bonheur de retrouver mon corps. Mais pas parce qu’elle était MA FILLE.

Elle était très facile. Elle dormait beaucoup (comme cela a bien changé aujourd’hui !), elle ne pleurait jamais, elle se nourrissait très bien, et elle était déjà visiblement très en éveil. Rien de bien compliqué.

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Malgré tout, au fil des semaines et des mois qui passaient, j’étais de plus en plus vigilante au moindre signe d’amour que je pouvais éprouver envers elle… Et il y en avait, bien-sûr. Pourtant, à aucun moment je ne les ressentais comme l’amour inconditionnel et surpuissant d’une mère envers son enfant. Est-ce que mon amour pour elle à cette époque était fragile ? Est-ce qu’il aurait été mis à l’épreuve si elle n’avait pas été aussi facile ? Peut-être. Sans doute. Heureusement, la question ne s’est jamais posée.

Et puis il y a eu un matin, quand elle avait neuf mois (la durée d’une grossesse, coïncidence ou pas ?), un matin où j’ai SU. Je l’ai sortie du bain, comme d’habitude, j’ai déposé un bisou dans le creux de son cou, ma faiblesse, je l’ai regardée, elle m’a regardée, et pour la première fois, nos regards se sont vraiment rencontrés. Et dans ses immenses yeux noirs, j’ai vu la promesse d’un lien qui ne faillirait jamais. J’ai vu nos ressemblances. J’ai vu que je l’aimais.

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Si vous me demandez maintenant à quel point je l’aime, je vous répondrai sans hésitation que je mourrais pour elle, que mon cœur se remplit de joie rien qu’à penser à elle, et que je me sens incroyablement bénie d’être sa maman. Et je vous le répéterai encore pour être sûre que vous ayez bien compris que mon amour pour elle est indiscutable, et d’ailleurs, est-ce que vous êtes conscients que vous parlez d’une personne EXCEPTIONNELLE ?

Si seulement vous pouviez la voir comme je la vois.

Ma fille.

Je ne l’ai pas aimée tout de suite, mais maintenant, qu’est-ce que je l’aime !

 

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Sur un de ses pyjamas de naissance : « programmé(e) pour aimer »